Premier contact avec l’Espagne

“Mira que guapa! Que princesa! Manuel! Llegó tu prima! Jose ven por aquí…”
C’était moi, le centre de ce tourbillon! Ils arrivaient, tous! Tout le monde venait embrasser la petite blonde, et voir ses grands yeux bleus.
Sans jamais m’en parler, mes grands-parents les avaient préparés à cette visite. Depuis longtemps.
Ils savaient bien que je ne leur ressemblais pas, ils connaissaient déjà l’histoire.
Mais ils étaient tous venus pour que je sache que c’était la même chose, pour me montrer  que ça ne faisait aucune différence.
Ca ne m’est pas facile de raconter ce moment là. Les larmes viennent tout de suite, quand j’en parle: tellement d’amour!
En Espagne, la famille, c’est tout le village. C’est vrai! J’avais des oncles, des tantes, des cousines et des cousins, et ils n’en finissaient pas d’arriver, et moi je me demandais bien comment j’allais faire pour me rappeler de leurs prénoms à tous.
Et pour ne rien arranger, ils se partageaient souvent le même: J’avais quatre “Tia Maria” (en espagnol, la tia, c’est la tante), la première s’appelait Maria Pilar, l’autre Maria Dolorès etc… C’est simple quand on a l’habitude!
Il y avait aussi plusieurs Jose. Il y avait celui de Roquetes, il était vieux, il avait au moins trente ans.
Et puis il y avait celui de Raval.
Mon premier amour.
Il avait treize ans, comme moi…

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Photos : Moree / Jayme Welters

Texte : Belle

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